Groupe des technologies de l’apprentissage
Université de Moncton
Campus de Moncton
Pavillon Jeanne-de-Valois
7, rue Notre-Dame-Du-Sacré-Cœur
Moncton, NB
Canada E1A 3E9
Danny Cormier
gta@umoncton.ca
1 506 858 4960
J’ai découvert Joss Winn à travers les articles tout à fait éclectiques qu’il publie sur deux blogues, l’un dévolu à son travail, qui consiste à étudier pour JISC comment les technologies peuvent supporter la recherche, l’enseignement et l’apprentissage, l’autre qui documente le projet JISCPress visant à utiliser la solution de blogue WordPress aux fins d’une plateforme de publication pour l’écriture, la dissémination, la discussion et la syndication des appels de soumission de JISC.
Le premier de ces deux blogues est un reflet tout à fait fidèle du type de personnalité requise pour un tel travail: on y découvre les intérêts multiples de l’auteur, sa remarquable aptitude d’adaptation et d’auto-découverte, et une production que je qualifierais de prolifique. J’étais à me rattraper, dans mon agrégateur RSS préféré (NetVibe), sur les 84 articles de ce blogue que je n’avais pas encore lus lorsque je suis tombé sur l’histoire de son parcours qui pourrait passer pour un curriculum vitae, mais sous la forme des livres qui ont marqué sa vie.
Je serais bien en peine d’ainsi raconter ma vie comme il y invite ses lecteurs, mais l’effet est saisissant: une trentaine d’années (tout au plus) et un portrait intime de l’auteur en tout juste six tableaux!
Voici la première d’une série de quatre études de cas visant à montrer comment les librairies nationales et archives européennes utilisent les outils de préservation développés dans le projet Planets (Preservation and Long-term Access Through Networked Services).
La librairie nationale de l’Angleterre a obtenu quelques 2 M£ de JISC, en 2004, pour numériser une collection de journaux en demande par les chercheurs du monde entier. La collection numérique fait quelques 80 térabytes. La vidéo examine certains des défis résolus pour réaliser ce projet de préservation.
Deux jours de rencontres fructueuses à Washington, dans le cadre du Sommet sur les répertoires et registres de contenus d’apprentissage organisé par l’ADL. La première journée de débat s’est clôturée en ateliers pour identifier les problèmes qui confrontent ce domaine, alors que la seconde se terminait avec le même genre d’exercice, mais pour déterminer les solutions aux défis d’utiliser les contenus d’apprentissage des répertoires. Ces deux exercices ont apporté d’intéressantes pistes de solutions générées par les six groupes de travail (v. les comptes-rendus des breakout discussions liés à partir de l’agenda.
J’aimerais ici capturer des éléments de discussion qui n’ont pas été rapportés dans notre compte-rendu des solutions, en jour 2. Nous ne sommes en effet jamais arrivés à nous entendre, dans notre groupe, sur la manière de dépenser ce budget de 10 M$ qui nous était (allégoriquement) attribué pour régler nos défis de répertoire…
Nous en étions à deviser d’une question intéressante posée par John Alonso qui disait « je suis un gars pratique, et je ne comprends pas, alors expliquez moi: j’ai ici (pointant trois participants) des répertoires de contenus qui sont autant de silos de ressources; (pointant un participant à l’opposé) et voici un portail d’accès pour faire la découverte des ressources; et nous avons ici (délimitant une zone imaginaire entre les trois répertoires et le portail) tous les services Web requis pour que ces entités communiquent en suivant les standards. Alors dites-moi pourquoi cela ne pourrait pas fonctionner? »
Là-dessus, Jon Phipps, qui présentait justement sur les données interreliées (Linked Data) un peu plus tôt dans la journée, de dire qu’avec le modèle de Berners-Lee, on n’a plus besoin de tout cela et qu’on peut simplement se fier aux identifiants URIs et à une structure semi-sémantique pour réaliser beaucoup plus, et de manière exponentielle. Mais David Massart d’interjeter qu’on peut aussi faire cela avec son LRE, qu’il n’y a qu’à y ajouter une liaison (binding) RDF, mais Phipss de s’exclamer quelque chose à l’effet que RDF n’a justement pas de liaison…
C’était passionnant et j’avais hâte d’en apprendre plus justement sur cette liaison RDF qui semblait ne pas pouvoir être ajoutée, mais voilà que John, Jon et David se font couper la parole et que tous ceux qui avaient plus ou moins contribué jusqu’à ce moment repartent dans toutes sortes de directions, pour conclure en déclarant qu’il s’agit surtout de fédérer les silos (répertoires) et que le tour est joué.
Espérant reprendre la discussion interrompue, j’en profite pour poser une question qui visait à clarifier l’énoncé précédent, à savoir qu’on connaît effectivement plus d’un mécanisme de connexion entre les répertoires: il y a la fédération oui, mais aussi le moissonnage et maintenant les données interreliées. Je désirais surtout tester cette hypothèse, mais jamais je n’ai pu obtenir de confirmation autoritaire à ce sujet. Voilà donc pour un point que je tenais à capturer: en effet, si on expose ses données en utilisant les principes du Linked Data et les mécanismes de moissonnage/fédération des répertoires, n’arriverons-nous pas à rendre les ressources découvrables pour les internautes (utilisant Google et autres moteurs de recherche « génériques »)?
L’autre point intéressant que je tenais à capturer touche à la relation affection-menace qu’entretiennent les internautes avec Google:
Tous reconnaissaient en effet Google comme étant un outil de recherche qui abolit d’emblée la raison d’être des fonctions de recherche de la majorité des répertoires. Sur quoi il m’est venu l’analogie que si nos ressources étaient suffisamment bien exposées et granulaires, et que Google arrivait à les référencer, quel serait le problème de laisser Google jouer son rôle et diriger les utilisateurs vers ces contenus ouverts, contextualisés (avec les diverses facettes des ressources en évidence), autorisés (déclaration de droits explicite) et fiables (source reconnue) pour assembler leurs propres contenus d’apprentissage?
Ce à quoi John Alonzon a rétorqué, avec raison, qu’il s’agit là d’une approche de copier-coller inefficace. Selon lui, le véritable défi consisterait plutôt à créer un mécanisme de référencement à la YouTube qui permettrait d’intégrer directement les ressources dans nos pages, ou à pointer vers elles, en étant confiants qu’elles demeureront accessibles et bien conservées par leur curateur (plus d’erreurs « 404″).
Voilà donc mon grain de sel au sujet de la rencontre de « solutions ». Pour plus d’information sur les contributions et retombées de la conférence, on peut consulter le sommaire préparé par Dan Rehak (.pptx pour présentation à #cetisrow), les notes de discussions, entrées de blogues et documents de positionnement préparés pour la conférence, et les présentations préparées par les membres des différents groupes d’experts invités à se prononcer sur une question ou l’autre de la conférence. Ces dernières présentations sont liées à partir de l’agenda de la conférence.
En définitive, je suis d’accord avec le verdict mitigé de Rob Abel quant au succès de la conférence, même si ce verdict procède d’une vision IMS ou eurocentriste. Après tout, ils ont bien raison avec les succès tangibles du projet ASPECT, du Learning Resource Exchange de European Schoolnet, et de leur tout récente spécification LODE. Merci aux gens de l’ADL pour l’invitation et surtout l’excellente organisation.